Jeu, Set et Match

J’ai bien regardé sur ma liste de films vus au ciné en 2005 (oui, je suis le genre de personne à tenir une liste comme ça), ça devait bien faire 2 mois que je n’avais pas été suffisamment impressionné par un film pour envisager de lui laisser une place sur mon top de fin d’année (en gros, depuis Blood & Bones en août, malgré un Keane assez fort entre-temps). Je désespérais un peu donc. Le salut est finalement venu de Match Point, très grand film de Woody Allen, mini chef d’oeuvre, sans doute son meilleur depuis (au moins) le Sweet & Lowdown de 99 (et encore, je crois qu’il met à terre presque toute sa filmographie depuis 15 ans) et l'un de ses meilleurs films tout court. Woody prend des risque et part à Londres, Woody troque sa verve comique pour de l’humour noir, Woody multiplie les gros plans (des GROS PLANS ?! Chez Allen ?? Mais que se passe-t-il...) et narre en ligne droite l’ascension d’un arriviste dans la bourgeoisie londonienne jusqu’à ce qu’il doive choisir entre réussite ou amour. Le récit est passionnant, la profondeur est dostoïevskienne (c’est marqué dessus), la résolution du dilemme est scotchante et la fin est absolument fabuleuse : à l’image de la métaphore récurrente du film, j’avais un peu peur à un moment à ce qu’elle bascule du mauvais côté du filet pour un résultat conformiste mais non, Allen accomplit un contre-pied jubilatoire, pour une conclusion acerbe dont l’amoralité, l’amertume et la culpabilité sont mémorables.
Et Jonathan Rhys-meyers est parfait, mais de toute façon il a mon indulgence éternelle depuis le chef d’œuvre Velvet Goldmine. Sinon, je trouve qu’Emily Mortimer a plus de charme que "Scarlett Johansson blonde platine" (copyright L’Oreal), mais bon, ça n’engage que moi, hein.
Autre avantage du film : ça se passe à Londres, Allen filme très bien la ville et c’était surtout pilepoil dans mon humeur du moment puisque j’y vais pas plus tard que ce week-end ; ça m’a permis de faire l’inventaire de ce que j’ai à y (re)voir. Ca n’arrange pas trop mon planning de films à aller voir (j’ai du retard) mais en échange, vous y gagnerez peut-être de futurs posts la semaine prochaine. Ou pas.
London, here I come...
PS : alerte star x 2 : Jean-Marie Perrier aux caisses mardi et Francis Cabrel au rayon livres jeudi, tous les deux à la FN*C Ternes. Grandiose. (Non, je ne travaille pas (encore) à la FN*C Ternes)).
PS2 : pour les moins attentifs je rappelle que dorénavant j’assure le billet du mercredi chaque semaine sur le mp3blog de la Blogothèque. Faîtes un peu plus attention, bon sang.
