28.1.05

I'll Sleep When I'm Dead

Après deux semaines de silence radio, il est temps de repointer le bout de mon nez.

J’aurai voulu adorer The Machinist. Mais non.
Remarquez, je ne le déteste pas non plus, c’est plutôt bien fichu. Mais bon, par rapport à mes attentes, je reste un peu sur ma faim. Pourtant, l’un des premiers films de Brad Anderson, Next Stop Wonderland est l’une des rares comédies romantiques américaines modernes (genre bien pourri s’il en est) à trouver grâce à mes yeux ; c’était inhabituel, les deux protagonistes ne se rencontraient dans le métro bostonien que dans la toute dernière scène du film : j’aime bien (c’est mon côté fleur bleue).
Ensuite, j’apprécie beaucoup Christian Bale, avec son rôle pivot dans l’excellent Velvet Goldmine en point de repère. Ici, il est encore très bien, 30 kilos en moins, la peau sur les os, il provoque tellement le malaise qu’on a parfois envie d’interrompre le film en cours de route pour lui donner à manger. La performance est impressionnante et on ressent vraiment son existence brisée. Mais le malaise que provoque le film lui doit tout ou presque. The Machinist, comme tout film mental, repose justement sur la représentation du monde perturbé et mental de son personnage principal. Là-dessus, le film fonctionne mais pas mieux que d’autres. Oui, le problème est là.
Comme toute personne allant trop au cinéma et voyant trop de films, je deviens blasé et traîne ma mémoire cinéphilique comme un boulet. Ce n’est pas bien grave de décoder le mystère avant la fin. Mais ce qui me gêne plus, c’est que les meilleures idées de The Machinist, je les ai déjà vu avant (et parfois en mieux). Je les ai vu dans Fight Club, dans Lost Highway, dans Spider, ou bien dans le moins connu Insomnies (l’insomnie comme symbole de la culpabilité ? Pas très nouveau...). Alors voilà, je suis le premier à le regretter mais malgré toutes ses (réelles) qualités, The Machinist est surtout un film que j’avais déjà vu avant même de rentrer dans la salle. Dommage. Peut-être que quand d’autres films le copieront à son tour, je lui accorderai plus d’égards. Mais pour le moment, c’est surtout une pointe de déception qui se fait le plus sentir. Je lui donne donc rendez-vous plus tard pour une réévaluation.

Sinon ? Sinon comme tous les ans à la même période, il fait trop froid dehors et j’écoute du folk pour me réchauffer : plus de doute, c’est l’hiver (de mon mécontentement).